La première apparition du régime républicain, en Tunisie, remonte au IVe siècle Av. J.C.

Ce régime a pris appui sur la «Constitution de Carthage» qui a consacré le droit de vote et qui témoigne de l’organisation démocratique du pouvoir par laquelle s’est distinguée la civilisation de notre pays.

Dans son ouvrage «Politique», le philosophe grec Aristote (384-322 Av. J.C.) a évoqué les institutions législatives prévues par la Constitution de Carthage, à savoir :

Le Conseil du Peuple : Il rassemblait tous les citoyens qui répondaient aux conditions fixées par le législateur. Le Conseil était doté de nombreuses prérogatives se rapportant à la guerre, à la paix, à la vie économique, culturelle et sociale, et exerçait un droit de regard sur toutes les affaires.

Le Sénat : Ses membres étaient élus par le peuple, selon les conditions prévues par les lois de l’époque et portant sur la citoyenneté, l’âge, la richesse, le niveau culturel, la notoriété publique et les capacités personnelles.

Les attributions du Sénat couvraient tous les domaines politiques et administratifs.

Le pouvoir exécutif : Il a été réglementé par le législateur carthaginois qui lui a consacré plusieurs articles dans la Constitution. L’exécution des lois et des textes d’application était confiée à deux magistrats.

Le pouvoir judiciaire: Il faisait partie des prérogatives des deux magistrats. Ceux-ci étaient responsables de la Justice, qu’ils exerçaient eux–mêmes ou en chargeaient des magistrats spécialisés, appelés à examiner les affaires des citoyens. Les jugements qu’ils prononçaient étaient fondés sur la loi.

A l’époque romaine, un régime similaire existait dans les villes tunisiennes. La citoyenneté romaine a été étendue, pendant cette période de l’histoire, à de larges franges de «Carthaginois Africains» (an 212). Carthage pouvait ainsi participer à l’élection des personnalités politiques faisant partie du pouvoir central, à Rome.

Une absence de la République, de plusieurs siècles :
En dehors de ces périodes historiques, le peuple est demeuré à l’écart du pouvoir ; ce qui a entraîné une absence de la République qui a duré plusieurs siècles. Dès lors, le pays fut livré au pouvoir sans partage des princes, sultans, beys et autres monarques absolus. Et il a fallu attendre jusqu’au 25 juillet 1957 pour voir se rétablir le régime républicain en Tunisie, après l’acquisition de l’indépendance nationale.